Concepteur d'eclairage John Munro
Éclairage
Les concepteurs d'éclairage utilisent savamment
toute la puissance et la subtilité de cet extraordinaire médium
qu'est la lumière. Au théâtre, l'art de l'éclairage
a beaucoup évolué depuis l'invention du premier projecteur
en 1911. Aujourd'hui, les concepteurs et techniciens éclairagistes
ont accès à une technologie très perfectionnée
qui leur permet de faire des merveilles sur une scène et de créer
des effets modifiables à volonté, capables de s'adapter
aux moindres états d'âme des personnages et aux moindres
soubresauts de l'action.
À la base, l'éclairage au théâtre
a pour fonction de rendre les acteurs et le décor visibles aux
yeux du public. Mais l'éclairage peut aussi :
- créer des atmosphères
- indiquer le lieu et l'heure
- déplacer l'intérêt d'un lieu à l'autre
sur la scène
- donner à la production son style
- faire paraître les objets plats ou tridimensionnels
- fondre tous les éléments visuels en un tout unifié
Le travail du concepteur
Le concepteur éclairagiste commence par lire
le texte de la pièce et prend note du type d'éclairage
nécessaire à chaque scène. Il partage ses idées
avec le metteur en scène lors de leur première rencontre.
Les premières rencontres avec le scénographe sont aussi
très importantes car l'un et l'autre doivent s'entendre sur le « look » à produire.
Le décor détermine parfois l'emplacement et l'orientation
des éléments d'éclairage; c'est donc une bonne idée
de repérer au plus vite les problèmes qui risquent de se
produire dans ce domaine.
Le concepteur éclairagiste assiste aux répétitions
pour mieux comprendre les effets d'éclairage à créer
et voir comment éclairer les acteurs dans leurs déplacements
sur scène. Une fois la mise en place arrêtée, le
concepteur éclairagiste peut commencer à penser aux projecteurs
qu'il utilisera et à planifier leur emplacement.
Les outils de planification
The planning tools lighting designers use includeÀ l'étape
de la planification, le concepteur éclairagiste utilise les outils
suivants :
- Un dessin ou une photo indiquant l'atmosphère à créer
ou le style d'éclairage que produisent certaines techniques
- Un plan d'éclairage montrant la scène et le décor
vus en plongée et donnant l'emplacement exact de chaque projecteur
- Un plan de coupe transversale, soit une représentation à l'échelle
de la scène et du décor vus à la verticale et
montrant la hauteur et la position exactes de chaque projecteur
- Une liste des équipements d'éclairage, soit un tableau
indiquant chaque projecteur, son puissance, sa fonction, la couleur
des filtres, le gradateur auquel il sera relié et le numéro
de son contrôle
- Une conduite d'éclairage, soit la liste de tous les effets
d'éclairage prévus pendant le spectacle avec une indication
précise du moment où chacun doit apparaître
Le contrôle de la lumière
Le concepteur d'éclairages combine généralement
l'éclairage direct et l'éclairage indirect pour
illuminer les acteurs et les objets présents sur scène. L'éclairage
direct vient d'une source précise et illumine un secteur
précis; l'éclairage indirect balaie
tout et semble venir de partout à la fois.
La quantité de lumière qu'il faut pour éclairer
un objet sur scène dépend :
- du pouvoir de réflexion de l'objet
- de sa couleur
- de son contraste avec l'environnement
- de sa taille
- de la distance à laquelle on le regarde
Les concepteurs d'éclairages créent
leurs innombrables effets en jouant avec quatre propriétés de
la lumière :
- L'intensité. L'éclairage de scène peut varier en intensité d'une
lueur quasi imperceptible à une luminosité aveuglante.
Le contraste a aussi beaucoup d'effet sur l'intensité perçue.
Une simple lampe de poche allumée sur une scène obscure
semblera très claire, tandis qu'un projecteur ultra-puissant qui
s'allume sur une scène déjà fortement éclairée
semblera n'avoir que peu d'intensité.
- La couleur. La couleur d'un objet sur scène est déterminée tant
par sa couleur réelle que par la couleur de la lumière
qui l'éclaire. En appliquant des filtres ou gélatines devant
les projecteurs, il devient possible d'appliquer aux comédiens
des couleurs plus flatteuses, de baigner tout un décor dans une
chaude lumière ou de faire mieux ressortir les couleurs du décor
et des costumes.
- La distribution. Il y a plusieurs façons de distribuer la lumière sur une
scène. On peut en faire varier la forme depuis une lueur douce,
sans définition particulière, jusqu'à un rayon aux
contours nets et drus qui produira des ombres dramatiques. On peut aussi
faire passer le rayon lumineux à travers une plaque de métal
trouée, appelée un gobo, et créer ainsi des formes
et des intermittences, un peu comme si la lumière traversait un
feuillage. Enfin, on peut illuminer les objets en angles de toutes sortes
et créer ainsi des effets d'ombres et de lumières très
variés, chacune dégageant une atmosphère particulière.
- Le mouvement. L'intensité, la couleur et la distribution de la lumière
peuvent être modifiées aussi vite ou aussi lentement que
le concepteur et le metteur en scène le désirent. Par exemple,
une scène qui débute dans la lumière rose de l'aurore
peut se terminer dans la lumière dorée d'un soleil déjà haut
dans le ciel. Ces changements progressifs d'intensité sont ce
qu'on appelle le mouvement de la lumière et offrent des moyens
d'expression inouïs qu'aucun autre élément visuel de la
production ne peut égaler.