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* Introduction * Schubert le compositeur * L'époque   de Schubert *Vienne à l'époque de Schubert

La Vienne de Schubert

Une ville animée

La ville abritait une classe moyenne importante, toujours en quête de divertissements pour occuper ses moments de loisir. La télévision, la radio, les jeux d'ordinateur, les films et les parcs thématiques n'existaient pas encore à l'époque, mais Vienne comptait de nombreux théâtres où l'on pouvait assister à des pièces et à des opéras. Les concerts de petits ensembles étaient aussi très populaires; ils avaient lieu généralement dans de petites salles de quelques centaines de places, et les billets étaient à prix abordable - environ un ou deux florins chacun (2 à 4 $CAN d'aujourd'hui).

Beaucoup de foyers de la classe moyenne possédaient un piano, et les éditeurs de musique faisaient des affaires d'or en vendant de courtes pièces et des arrangements faciles à jouer pour les musiciens amateurs. Les Viennois adoraient la musique, qu'elle soit jouée à la maison (Hausmusik), en plein air par des ensembles à vents (Harmoniemusik) ou par des orchestres à cordes au Prater (le grand parc d'attraction de Vienne, célèbre dans le monde entire.), ou même égrenée par des joueurs d'orgue de Barbarie le long des rues. Les bâtiments eux-mêmes semblaient produire de la musique, avec leurs horloges musicales qui marquaient les heures en jouant des mélodies. Oui, Vienne était bien alors - comme aujourd'hui - une ville toute vibrante de musique.

Les cafés

Les Viennois aiment le café. Des chaînes comme Starbucks, Second Cups ou Café Dépôts n'existaient pas au temps de Schubert, mais on trouvait des dizaines de cafés de toutes tailles où l'on pouvait se rencontrer, échanger des potins, flâner, se livrer aux jeux de hasard, parler affaires, jouer aux cartes ou aux échecs, lire un livre ou un journal, entendre une lecture de poésie, prendre une collation, faire un petit somme et, bien sûr... boire une tasse de café!

L'engouement des Viennois pour le café remonte à l'année 1683 (plus d'un siècle avant l'entrée en scène de Schubert). Quand les envahisseurs turcs se sont retirés de Vienne cette année-là, ils ont laissé derrière eux des centaines de sacs pleins de graines de café. L'empereur a donné une partie de ce café à un homme du nom de Franz George Kolschitzky pour le récompenser d'avoir fourni des renseignements ayant permis aux Autrichiens de vaincre les Turcs. Kolschitzky a alors ouvert le premier café de Vienne. La passion des Viennois pour le café s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Schubert lui-même fréquentait beaucoup les cafés; ses préférés étaient le Bogner's et le Zum Anker.

Une fière allure!

Les bals étaient extrêmement populaires. En 1832, par exemple, il s'est donné 772 bals à Vienne, auxquels ont assisté deux cent mille personnes - la moitié de la population de la ville! Bien entendu, pour aller danser, il fallait avoir la tenue qui convient (c'est du moins ce qu'on pensait à l'époque!). Pour les dames, le « look » à la mode alliait la simplicité à l'élégance classique. Leurs robes étaient munies de longues traînes flottantes, taillées dans des tissus doux et moulants, les décolletés étaient plongeants, et les encombrants corsets étaient laissés à la maison. Les femmes peignaient leurs cheveux vers l'arrière et les coiffaient pour qu'ils retombent en frisettes ou en torsades sur leur nuque.

Pour les hommes, les chaussures sans boucle étaient « in ». Ils portaient souvent des pantalons pleine longueur (associés aux travailleurs) plutôt que des pantalons trois-quarts (une marque d'aristocratie). Les cheveux étaient courts, légèrement ébouriffés pour leur donner un petit air « négligé ». Certains hommes se blanchissaient les mains à l'eau de javel, se passaient du rouge au visage et masquaient leurs odeurs corporelles à grands jets d'eau de Cologne (les douches quotidiennes n'étaient pas monnaie courante à l'époque!). Comme on le voit, les gens se préoccupaient de la mode tout autant qu'aujourd'hui!

La danse

Les Viennois ont toujours été fous de la danse! Bien sûr, tout le monde sur la terre aime danser, mais à Vienne, c'est une véritable passion. De même que la musique de concert et les cafés, la danse suscitait alors un énorme engouement dans la classe moyenne. On raconte que durant le Congrès de Vienne, en 1814-1815, quelqu'un a voulu savoir où en étaient les débats. On lui a répondu, en français : « le Congrès ne marche pas ... il danse ». Menuets, contredanses, polkas, Ländlers et marches étaient parmi les danses les plus populaires. Cependant, la valse s'est imposée à peu près à l'époque de l'adolescence de Schubert. L'aristocratie, la classe moyenne, les pauvres - tout le monde l'a adoptée. De nos jours, la valse est synonyme d'élégance et de raffinement. Mais en 1815, cette danse était encore jugée scandaleuse et néfaste - ce qui n'empêchait pas les gens de la pratiquer en nombre!

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